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Témoignage : J'ai un gros problème avec la procrastination mais j'essaie de m'en sortir

Publié par
Betty B.
, le
Témoignage : J'ai un gros problème avec la procrastination mais j'essaie de m'en sortir

Cet article aurait pu ne jamais voir le jour car je souffre de procrastination, cette tendance à tout remettre au lendemain. Un mal qui me dessert mais j'essaie de m'en sortir.

On a tendance à en parler en plaisantant mais la procrastination peut vite devenir un frein dans la vie de tous les jours. J'en suis malheureusement la preuve vivante. Commençons par les bases, de quoi parle-t-on exactement quand on emploie ce mot ? Il s'agit du fait de remettre systématiquement au lendemain ce que l'on pourrait faire le jour même. C'est également l'art d'attendre à la dernière minute. Autrement dit, j'ai cette mauvaise habitude de reporter à plus tard les tâches primordiales que je dois réaliser, en les remplaçant par des activités beaucoup moins importantes, voire futiles. Scroller à l'infini sur les réseaux sociaux, tu connais. Le pire dans tout ça, c'est que j'en suis tout à fait consciente. J'ai toujours été sur le fil. Déjà à l'université, je tapais mes meilleures nuits blanches pour rendre mes devoirs aux enseignants. Je débarquais en cours plus cernée que jamais, mais comme j'arrivais à m'en sortir niveau notes, je ne prenais pas la mesure du problème. La situation a commencé à se corser quand il a fallu entrer dans le monde du travail.

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Crédit : Getty Images

Après avoir terminé mes études, j'ai dû me lancer dans la vie active. Faire des CV, des lettres de motivation, écumer les annonces sur le net et enchaîner les entretiens. Mais quand tu procrastines, tout ça devient vite un fardeau, surtout quand tu reçois des refus ou pire, que tu es stigmatisé(e) comme une personne flemmarde sur laquelle on ne peut pas compter. Notre estime de soi en prend alors un sacré coup. Honnêtement, et elle se reconnaîtra, je tiens à remercier l'une de mes plus proches amies, mon homonyme. C'est grâce à elle, qu'à l'époque, je me suis enfin bougée pour prendre ma vie, autant personnelle que professionnelle, en main. Elle m'a reboosté le moral en me faisant comprendre que ce n'était pas grave de tomber, il suffisait de se relever pour retenter. Elle me disait que mon dur labeur finirait par payer et elle avait raison.

Aujourd'hui, je fais enfin ce que j'aime. Mais ma procrastination ne s'est pas envolée pour autant. Je dirais même qu'elle s'est accentuée au fil des années. Le soucis, c'est que je suis un paradoxe à moi toute seule. En général, je n'ai pas vraiment confiance en moi, je doute constamment de mes capacités et j'ai beaucoup de mal à passer à l'action. Tu connais le genre de personnes qui va angoisser et répéter ce qu'elle va dire avant de passer un coup de fil important ? Beh c'est moi. Je suis littéralement ma pire ennemie. Et pourtant, malgré tout ça, j'ai conscience de mes qualités. Je suis quelqu'un de bien et je sais que je fais du bon boulot. J'ai à cœur de ne pas bâcler ce que j'entreprends car j'aime que les choses soient bien faites. Rendre un travail expédié à la va-vite m'agace car je sais qu'il ne reflète absolument pas mon potentiel. Dès lors, tu peux être sûr(e) que je produirais quelque chose de carré mais l'inconvénient, c'est que 9 fois sur 10, il faudra patienter pour l'obtenir. Mon côté perfectionniste ne m'aide clairement pas. Et quand ma copine la flemme vient me souffler au creux de la nuque, c'est le combo de l'enfer.

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Pour être honnête, je ne me suis jamais vraiment penchée sur le problème. D'où vient cette procrastination si ancrée en moi ? En y réfléchissant bien, je pense que c'est un mélange de plein de facteurs différents. À commencer par mon indécision. Quand je suis confrontée à un dilemme, mon hésitation à me lancer me paralyse et je préfère passer à autre chose plutôt que de l'affronter. Encore plus quand la complexité de la tâche me paraît trop grande. Mais la principale cause, c'est probablement ma peur de l'échec, comme de la réussite. J'ai horreur de décevoir et sortir de ma zone de confort me stresse. C'est comme si je devais constamment faire mes preuves alors qu'au fond, je sais ce que je vaux. Il m'est alors difficile de sortir du cercle vicieux de l'auto-dévalorisation, tandis que la société prône une productivité de plus en plus exigeante.

J'ai donc décidé que l'heure du changement avait sonné. Je te jure que j'essaie réellement de me soigner. Je me fixe désormais des petits objectifs raisonnables pour ne pas me sentir surchargée au quotidien par ma quantité de travail. Dans la mesure du possible, je planifie ce que j'ai à faire à l'avance pour tenter d'avoir un vrai rythme. Je m'efforce d'avoir une meilleure hygiène de vie en mangeant mieux, en me couchant plus tôt et en ayant une activité sportive plus soutenue. Le plus important, et le plus compliqué à mes yeux, c'est de ne pas être trop dure avec moi-même. Je me répète que la perfection n'existe pas et que les erreurs et autres faux-pas font partie de la vie. J'apprends doucement mais sûrement à dire non pour prioriser mes tâches et je supprime au maximum les distractions qui m'entourent quand je dois bosser. Tu l'auras compris, je suis motivée à m'en libérer et j'espère de tout cœur y parvenir.

Pedro da Silva via Unsplash
Crédit : Pedro da Silva via Unsplash

Bien évidemment, je parle de la procrastination excessive qui t'empêche d'agir et d'accomplir tes objectifs. Tout le contraire des pauses qui sont bénéfiques. En plus de favoriser ta créativité, elles permettent de lâcher prise et de déconnecter quand la pression est trop forte sur le moment. Parfois, il est nécessaire de souffler pour faire les bons choix. Ne te laisse simplement pas envahir en accumulant du retard qui te fera culpabiliser davantage. Si tu es dans le même cas que moi, courage, car je sais à quel point c'est pesant. Le chemin sera long et semé d'embûches, que tu disperseras certainement toi-même, mais ne baisse surtout pas les bras, je suis persuadée qu'on finira par y arriver et je t'envoie toutes mes bonnes ondes.

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