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Réviser l'Histoire, c'est plus marrant avec Pollux : la vie d'Anne de Bretagne

Publié par
Pollux
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Pollux, historienne du dimanche, rencontre, questionne et révèle les grands personnages qui méritent d’être connus... ou qu’on préfèrerait oublier ! Voyage et à travers le temps et à Nantes pour rencontrer Anne de Bretagne via une interview... décalée !

Occupante forte du château des ducs de Bretagne, Anne de Bretagne (1477–1514) a su marquer l'histoire de Nantes et de la France à une époque où les femmes n'étaient pourtant pas mises en avant. Elle est aujourd'hui encore un personnage romancé et un emblème de l'identité bretonne.

"Anne de Bretagne, vous avez marqué Nantes et la Bretagne, dont vous avez défendu l'indépendance et la souveraineté. On en sait peu sur vos origines, parlez-nous de votre enfance.

A. : Oh, mon enfance se déroule comme toutes les enfances des nobles de l'époque, quand on naît fille : j'apprends à lire et écrire, je chasse au faucon, je m'ennuie pas mal dans mon donjon. On n'a pas beaucoup d'intérêt pour les femmes, à ce moment-là.

— Sympa, ça commence bien. Et qui s'occupe de votre éducation ?

A. : Principalement Françoise de Dinan, ma gouvernante. Sacré bout de bonne femme, la Françoise : fiancée à beaucoup, enlevée, épousée, convoitée, les gens se sont emprisonnés, assassinés et tout le toutim pour elle. D'ailleurs elle a fait de la taule aussi.

// © Éditions Nomades

— Bah dis donc, drôle de personne à qui confier l'éducation de sa fille.

A. : Non mais quand je vous dis que les femmes tout le monde s'en fout...

— Bon, pourtant par la suite vous devenez un personnage d'importance, qu'est-ce qui crée l'intérêt ? Vous vous révélez brillante ? Drôle ? Belle ?

A. : Ah non non, détrompez-vous : j'ai succédé à mon père, François II. Il avait fait beaucoup pour la Bretagne et pour Nantes en s'opposant au royaume de France politiquement, en faisant de Nantes, grande ville commerçante et portuaire, la cour et capitale des royaumes de Bretagne, et en introduisant beaucoup d'éléments culturels bretons pour justifier une plus grande indépendance par rapport au royaume de France.

— Mais normalement c'est plutôt l'héritier mâle qui succède au père, non ?

A. : Oui mais François II n'a pas de fils. Il y a moi, et puis dans l'autre branche de la famille, personne, ces gros radins ont vendu leur part à Louis XI. Papa organise donc pas mal de choses sur la fin de sa vie, pour éviter une crise de succession, voire un rattachement de la Bretagne à la France. Il me fait donc reconnaître, en 1486, comme héritière du duché de Bretagne.

— C'est un beau cadeau.

A. : Bof, ça compense un peu l'utilité que j'ai eue pour lui : il était connu pour ne pas être hyper affirmé dans sa gestion politique, alors il montait des alliances en me promettant en mariage à tout le monde.

— Vous exagérez un peu.

A. : Bah j'ai quand même été promise à sept princes européens par papa ! Et c'est sans compter ceux qui voulaient mais dont il ne voulait pas entendre parler.

// © Éditions Nomades

— Ah.

A. : Nan mais vous ne vous rendez pas compte ce que c'est d'être une gonzesse à cette époque. Bon, du coup après m'avoir fait promettre de ne jamais céder la Bretagne aux Français, papa finit par passer l'arme à gauche en 1488 et là, tout s'enchaîne : Charles VII entre en guerre contre la Bretagne, je suis proclamée duchesse dans la foulée, et là bam, première mesure : je déclare coupables de lèse-majesté tous les sujets qui rejoignent la France.

— Vous êtes radicale.

A. : Bah quand on est une zouze de 12 ans au Moyen âge et que tout ce qu'on a consenti à vous faire faire, c'est lire le latin et broder dans votre tourelle, il faut bien vous imposer, sinon ça ne prend pas. (...)

— On vous sent remontée, Anne.

A. : Bah mes deux premiers mariages ont été vraiment pas terribles, j'avais même pas 15 ans et on m'a lésée de tout ce que j'avais, tous mes droits, tous mes repères. Là, ça va bien, il faut arrêter de me prendre pour une cruchasse.

— Une fois tout cela réglé, quels objectifs vous reste-t-il à atteindre ?

A. : Eh bien déjà, je passe mes dernières années à faire un grand tour de Bretagne, aussi bien en pèlerinage que pour m'affirmer comme souveraine du duché. Et sinon, j'essaye d'éviter à ma fille le mariage avec le duc de Valois, qui deviendra plus tard François Ier.

— Pourquoi ?

A. : François Ier ? Je le déteste. Il se la pète. Enfin bref, on m'écoute jusqu'au bout, mais après ma mort je sais qu'ils ont quand même fait ce mariage. Résultat, comme je le disais, en 1532 un édit d'union est signé et la Bretagne, qui était encore une principauté, devient propriété du royaume de France. J'vous jure, faites des gosses, qu'y disaient..."

*

*Retrouvez l'interview d'Anne de Bretagne dans son intégralité** ainsi que celles de 14 autres personnalités historiques nées à Nantes (Jules Verne, Louis XIV, Roland, Lefèvre Utile, Nominoë) dans Interviews à Nantes des Éditions Nomades.

Passionnée d'histoire, Pollux est une journaliste fictive qui voyage dans le temps. Elle part interviewer les illustres personnages de notre Histoire (parfois oubliés) pour une visite décalée et insolite des villes de France.

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Crédits : meltygroup / Éditions Nomades

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