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Micro-trottoir : alors, vous en pensez quoi de l’appli Gossip ?

Publié par
Julien Toublanc
, le
Micro-trottoir : alors, vous en pensez quoi de l’appli Gossip ?

Lanc ee au mois de mai 2015, l'appli "Gossip" fait de plus en plus parler d'elle… allant meme jusqu'a creer une polemique. Qu'en pensent les principaux interesses ? Trendy a rencontre 6 etudiants pour connaitre leur point de vue.

Le principe est simple : en 140 caractères, une rumeur anonyme peut être lancée avec la possibilité de l'illustrer avec une photo ou vidéo. Destinée aux 25-30 ans, l'application a surtout été téléchargée par les collégiens et lycéens. Face à ce nouveau support de médisance, les parents s'inquiètent et Najat Vallaud-Belkacem a tenu à condamner l'utilisation de cette application.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Gaspard, 20 ans en khâgne à Louis-le-Grand

"Je ne connais pas bien le principe de l'application. La vie privée est ce qu'il y a de plus important et de plus menacé à ce jour. Si cela a été créé par rapport à la série 'Gossip Girl', il n'est pas étonnant que les plus jeunes imitent ce qu'ils voient. Le problème d'une application anonyme est que l'on peut tout se permettre : il n'y a plus de limites. Alors je suis contre."

Alexis, 19 ans en khâgne à Louis-le-Grand

"Je pense que l'application sera utilisée par les 13-16 ans. Après 18 ans, les gens ne s'en servent pas et lors des téléchargements sur iTunes, il n'y a pas de vrai contrôle quant à l'âge des utilisateurs. Il est évident que seuls les collégiens l'utiliseront et à cet âge, on est souvent inconscient des répercussions de nos dires sur les autres."

"L'application fonctionne un peu comme snapchat avec des photos qui se détruisent, mais elle va bien entendu envenimer les cas de harcèlement. Elle donne un nouveau support de médisance. Le problème c'est que l'interdire rend aussi le produit attrayant : c'est une boucle vicieuse. L'information reste primordiale : il faut renseigner enfants et parents sur les conséquences de son utilisation. Malheureusement, nous pensons que des dérivés de l'application peuvent très bien voir le jour : il faut combattre le problème en comprenant sa source."

Louise, 18 ans en 1re année à l'École du Louvre

"Au collège, j'aurai pu la télécharger, mais je suis sûre que je ne l'aurais pas utilisée longtemps. C'est bien trop néfaste et destructeur. En réalité, on ne peut pas contrôler une telle application si elle sort. Avec ou sans photo publiable, le contenu sera le même : explicite et nuisible. La cible est apparemment pour les 25-30 ans, mais à cet âge, on a autre chose à faire que de balancer nos collègues."

"À mon sens, 'Gossip' reste un moyen de s'exprimer : le problème n'est pas l'application en soi, mais l'éducation des enfants. Que l'application existe ou non, c'est aux parents d'apprendre à leurs enfants que les ragots sont ridicules, pas à l'Éducation nationale. Il ne faut pas oublier que les applications de la sorte n'ont de succès que parce qu'il existe, au préalable, un manque d'information et d'écoute."

Louis, 23 ans, en M2 de lettres modernes à la Sorbonne

"'Gossip' peut uniquement être une application parasitaire. Il faut l'interdire et elle le sera de toute façon : tout adolescent vit dans sa bulle et les parents n'y peuvent rien. Les médisances existent avec ou sans l'application, mais si cette dernière se développe, les cas de harcèlements et de suicides prendront encore plus d'ampleur."

Mercredi 3 juin 2015, Najat Vallaud-Belkacem a demandé à ce que chacun fasse preuve d'une "extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne". Elle demande également aux recteurs d'académie et aux chefs d'établissement de signaler "tous propos injurieux ou diffamatoires proférés à l'encontre d'élèves ou de personnels". La lutte contre le harcèlement scolaire est une des priorités de l'Éducation Nationale et la ministre entend fermement combattre ce phénomène.

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