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"Le mot à la bouche" : découvrez le premier gagnant de la saison et le nouveau thème !

Publié par
Erwin Canard
, le

La deuxième saison de notre concours d'écriture "Le mot à la bouche" a démarré en fanfare avec les dizaines d'excellents textes que vous nous avez envoyés. Le premier thème de cette année était "Tourbillon" et le jury a désigné comme gagnant le texte intitulé "Tourbillons de réminiscences" de Constance, en première à Rennes.

L'année a bien commencé pour le concours d'écriture de Trendy "Le mot à la bouche", avec des textes reçus aussi nombreux qu'émouvants. Elle débute également bien pour Constance, en première L au lycée Saint-Vincent à Rennes, puisque le jury, composé de journalistes de la rédaction, a choisi son texte intitulé "Tourbillons de réminiscences" comme vainqueur du premier thème de l'année , "Tourbillon".

Les textes "Les collines de la mer" de Raphaël, en 5e au lycée français Anna de Nouailles, à Bucarest (Roumanie), et " Fou rire", de Barbara, en première S au lycée Bellevue à Toulouse (31), ont respectivement été désignés "Coup de coeur collège" et "Coup de coeur lycée" par le jury.

Nous publions à la fin de cet article ces trois textes, et nous vous proposons également d'écouter la lecture du texte gagnant.

Votre texte n'a pas été retenu ou vous n'avez pas encore participé ? Pas de problème : la saison du "Mot à la bouche" se poursuit et la rédaction de Trendy vous propose maintenant d'écrire sur le thème suivant : "Crise".

Vous avez jusqu'au 18 décembre pour nous envoyer votre texte sur le nouveau thème, "Crise" // © Stéphane Moret

Nous vous rappelons les règles pour participer à ce concours :

- vous êtes collégien(ne) ou lycéen(ne), écrivez un texte autour du thème donné. Votre texte peut prendre la forme que vous voulez : nouvelle, fanfiction, poésie... - le texte ne doit pas dépasser 500 mots. N'oubliez pas de lui donner un titre ! - envoyez votre écrit (sous format word, txt, etc.) par mail à ecanard@letudiant.fr avec pour objet : "Le mot à la bouche". - dans le mail, copiez-collez cette phrase en écrivant votre nom : "Je soussigné (votre nom) certifie être l'auteur du texte envoyé ci-joint". C'est très important, jouez bien le jeu. - n'oubliez pas de nous préciser votre prénom, votre nom, votre classe, votre établissement scolaire et votre ville !

Vous avez jusqu'au lundi 18 décembre inclus pour nous envoyer votre texte ! Attention, faites-le bien par mail, pas dans les commentaires, sinon il ne sera pas pris en compte. À la clé, un cadeau autour de l'univers des mots pour le gagnant et celles et ceux qui auront été les coups de cœur de notre jury ! Quel sera le prochain texte retenu par la rédaction de l'Etudiant ? Résultats et nouveau thème dès le mercredi 20 décembre 2017.

Bonne chance, et bonne écriture !

Le texte vainqueur, de Constance

Tourbillons de réminiscences

J’avance rapidement. Les lits de feuilles mortes craquent sous mes pas. J’hésite un instant. Devant moi se dressent les grilles du Thabor, le parc de mon enfance. J’ai l’impression qu’il me contemple de toute sa hauteur, prêt à me reprocher de renier mes souvenirs si je renonce à l’emprunter. Un coup d’oeil à ma montre m’indique que je suis déjà en retard. Dans un soupir, j’entreprends d’accélérer ma foulée. Le vieux chêne qui marque l’entrée me salue de ses branches noueuses. Les senteurs boisées de l'automne qui m'emplissent les narines me ramènent cinq ans en arrière, époque où je tentais encore avec ma soeur d’attraper les feuilles mortes s’envolant dans une bourrasque. Je contemple un instant l'explosion de couleurs chaudes peignant les arbres de teintes rougeoyantes. Je me souviens de tout. La balançoire à la corde abîmée qui me berçait, enfant. Le bruit du mugissement du vent dans les saules, la caresse du soleil et de la brise enveloppante, rassurante et mystérieuse en même temps. Ou simplement ce banc humide sur lequel on racontait à maman notre journée, après l’école. Puis je me rappelle mon rendez-vous. Le soleil décline déjà à l'horizon, et la pâleur de la lumière me fait cligner des yeux. On ne se rend jamais compte à quel point le temps passe vite. L'été s'endort déjà, et la saison suivante nous plonge subitement dans la tiédeur des tréfonds de l'automne.

Soudain, je m’arrête. J’ai la sensation d’être observée. En effet, un adorable rongeur me regarde, pas le moins du monde effrayé par ma présence. Il tient dans ses petites pattes une noisette qu’il entreprend de ronger consciencieusement, sa queue touffue enroulée autour de son corps frêle. Je m’empare aussitôt de mon téléphone, ne pouvant résister à la tentation d’immortaliser l’instant. L’écureuil reste immobile quelques secondes devant l’objectif, puis, se désintéressant subitement de moi, s'enfuit en se faufilant à travers les buissons. Une fine bruine commence à mouiller la terre humide. Elle semble vouloir effacer les couleurs des arbres, comme une goutte d'eau supplémentaire diluerait celles d'une aquarelle.

Je m’empresse de poster ma photo sur Instagram, puis me ravise. Quelque chose me retient. Une question que je ne m’étais jamais posée auparavant m’effleure l’esprit. Pourquoi avons-nous toujours besoin de faire partager au monde entier les moments de bonheur les plus insignifiants ? Pour ma part, j’ai peur de l’oubli. De ne plus entrevoir avec autant de clarté ces petites choses du quotidien qui ont bercé mon enfance, puis mon adolescence. Je veux me souvenir, c’est pourquoi j’ai toujours le réflexe de photographier. Et je veux que le monde s’en souvienne. Je crois que j’ai simplement peur du temps, du tourbillon de la vie, du tourbillon des années qui défilent sans que l’on puisse les en empêcher. Une douce langueur s'empare de moi, tandis que mon portable se met à vibrer. Je le laisse sonner. Je n’irai pas à ce rendez-vous. Je me sens bien. Je me sens libre. J'ai l'impression de revivre mon enfance.

Le texte "Coup de coeur collège", de Raphaël

Les collines de la mer

Sur un coin du port Je regarde partir le bateau Mes parents me manquent fort Maintenant qu’ils sont partis sur l’eau.

Mon regard s’assombrit Quand je ne vois plus le navire Froide commence la pluie, Je m’inquiète et mon calme chavire.

Là-bas sur l’eau Où l’orage s’abat, La panique est sur les flots Lorsque s’écroula le mât.

Le capitaine secoué Pense à toutes les vies, Celles qu’il devait sauver Pour que rien ne soit fini.

Un éclair déchira le ciel, Un tourbillon se fit Et à l’aurore couleur miel, Plus aucune vie.

Mon espoir est encore là Et mon cœur très fort, Je sais que dans tout ce brouillard-là, Un navire rentrera au port.

Contre toutes ces rumeurs Et ce navire engloutit, Il y aura du bonheur Et la suite de plusieurs vies.

De l’autre côté du néant, Là où on ne connaît pas, S’échouèrent plusieurs survivants Malgré tout ce drame là.

Ils construisirent un radeau Pleins de force et de courage, Hissèrent le drapeau Et prirent le large.

Un matin de pluie Sous le soleil levant, On entendit des cris Les voilà mes parents !

Le texte "Coup de coeur lycée", de Barbara

Fou rire

Une chute, une mauvaise prononciation, une blague Un petit détail qui déclenche un rire grandiose

Barre de douleur au ventre Qui s’accentue au fil de l’hilarité Larmes naissantes Qui se forment mais ne coulent jamais réellement

Calme … Et la tempête qui rejaillit dès le croisement du regard

Ce tourbillon est rare, il est magique Mais surtout il est libérateur

Relâche la pression accumulée Pense à autre chose pendant un moment Construit de nouveaux souvenirs Aime Ris Vis

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