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Kenji Kamiyama : "Les Japonais et les Français partagent le même amour pour l’animation"

Publié par
BaptisteLegout
, le
Kenji Kamiyama : "Les Japonais et les Français partagent le même amour pour l’animation"

Son dernier film, "Hirune Hime, Rêves éveillés", sorti en salles cet été et qui sera disponible en DVD en décembre, a été acclamé par la critique. Le Japonais Kenji Kamiyama raconte le parcours qui l’a amené à devenir réalisateur de films d’animation.

Comptant parmi les grands noms de l’animation japonaise, Kenji Kamiyama a réalisé de nombreuses œuvres saluées par la critique et les fans, comme "Ghost in the Shell: Stand Alone Complex", "Seirei No Moribito" ou "Eden of the East". Quels conseils donnerait-il aux jeunes Français qui rêvent de suivre ses pas ? Interview exclusive pour Trendy.

D’où vient votre passion pour le cinéma d’animation ?

Quand j’ai vu "Star Wars" à l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai eu une sorte de révélation et j’ai voulu travailler dans le cinéma, dans l’espoir de faire un jour mon "Star Wars". Mais, à l’époque, le milieu du cinéma au Japon n’avait pas la capacité de produire ce type de long métrage ; le cinéma d’animation, si. Je m’y suis intéressé et j’ai découvert la série "Gundam", qui a été à l’origine de mon envie de travailler dans ce domaine.

Comment avez-vous réussi à intégrer le milieu de l’animation ?

Il n’y avait pas vraiment d’école pour se former à l’animation. Je me suis mis en tête de produire mes films par mes propres moyens, en copiant la méthode de films commerciaux. Je me suis donc chargé de dessiner sur les cellulos [feuilles de plastique transparent utilisées pour l’animation], de faire la prise de vues et le montage. C’est comme ça que j’ai essayé de réaliser des séquences, que j’ai montrées à des professionnels.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans l’animation ?

Toujours avoir en tête des images précises de ce qu’on veut faire, des souhaits concrets. Je pense que c’est le chemin le plus court pour réaliser son rêve.

Que pensez-vous de l’engouement de la jeunesse française pour l’animation japonaise ?

C’est la première fois que je viens en France ! Je découvre cet engouement, je ne me rendais pas compte que mes films franchissaient ainsi les frontières. J’ai pu réaliser que l’amour pour l’animation est le même chez les Japonais et les Français.

Quand je vois un film d’animation, je m’identifie plus facilement aux personnages que dans le cinéma "live", et je pense que ce sentiment est partagé dans le monde entier. Par exemple, il y a quelques années, j’ai réalisé une série, "Eden of the East", qui parle des tracas de l’adolescence au Japon. Je pensais qu’elle ne serait pas comprise du public étranger à cause de la thématique vraiment nippone, mais je me suis trompé. C’est là que j’ai compris que nous partagions la même sensibilité.

Quelles sont les forces de l’animation japonaise ?

Nos principales forces sont peut-être la qualité de l’animation et l’importance de notre production. Je pense qu’il y a plus de 100 titres réalisés par an. Par rapport à d’autres pays, cela permet une vraie diversité ; nous n’avons pas peur de nous lancer dans de nouveaux genres. Les possibilités sont infinies.

Quel est votre œuvre d'animation non japonaise préférée ?

Parmi les titres assez récents, ma préférence va à la série Disney "Phinéas et Ferb". Je l’ai vue avec un de mes enfants, elle m’a marqué par son scénario, vraiment très bien construit.

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