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"Blue Whale Challenge", un défi qui veut conduire les ados au suicide

Publié par
Paul Conge
, le
"Blue Whale Challenge", un défi qui veut conduire les ados au suicide

Un "challenge" sordide né sur les réseaux sociaux en Russie commence à se populariser dangereusement. Il incite les jeunes à accomplir 50 défis de plus en plus extrêmes, se terminant par une proposition suicidaire.

C'est un nouveau phénomène à ajouter au catalogue des horreurs sur Internet. Apparu en 2015 sur Vkontakte, sorte d'équivalent russe de Facebook, le "Blue Whale Challenge" invite ses participants à une plongée de 50 jours dans le morbide, qui se conclut, si l'on va jusqu'au bout, par le suicide. Depuis quelques semaines il récolte beaucoup d'attention de la part d'internautes français qui publient sur les réseaux sociaux les photos de leur progression dans ce qui est présenté comme un "jeu".

De la scarification au suicide

Ce "défi de la baleine bleue", en français, provient d'une légende urbaine d'après laquelle ce cétacé choisirait de s'échouer sur une plage quand il veut mourir. Une fois dans le jeu, chaque "baleineau" est parrainé par un tuteur qui le pousse à accomplir une série de 50 défis. À en croire les messages publiés sur les réseaux sociaux, des centaines de jeunes Français y participeraient déjà.

L'initiation est plutôt "soft" : une inscription sur le bras. Mais les défis suivants sont de plus en plus poussés : il faut se scarifier, se réveiller en pleine nuit, regarder des vidéos prônant le suicide, monter sur le toit d'un immeuble, escalader une grue... La promesse du challenge : ressentir de gros frissons, jusqu'au frisson ultime !

Les vingt derniers jours, un rituel sordide se met en place : se réveiller à 4 h 20 du matin, regarder des vidéos d'horreur, et se taillader le corps... chaque jour. Le dernier défi ? Sauter du toit d'un immeuble.

Chacuns des "exploits" doit être dûment photographié et envoyé au parrain, et, dans certains cas, relayé sur les réseaux. Que ce soit sur Twitter, Instagram, et même Facebook, sur lequel le jeu s'est propagé, les "baleines" peuvent être détectées grâce à l'utilisation de plusieurs hashtags : #F57, #F58, #BaleineBleue, etc. Y sont joints, en général, des images prouvant leur implication dans le jeu : scarifications, entailles au rasoir...

* *

_ Photo d'un participant au "challenge" postée sur Instagram._ // © Paul Conge

Le Facebook russe, berceau du jeu

Contactée sur le réseau social Vkontakte, Loria*, 18 ans, une ancienne participante française, pointe ses motivations initiales : " Personnellement, j'ai participé à cause de problèmes familiaux qui m'ont pris la tête. Mais j'ai arrêté grâce à mon meilleur ami qui m'a raisonnée ". À la différence des autres participants, la jeune fille, cheveux teints, look gothique, n'a pas suivi les règles à la lettre. "Je les ai faites un peu au pif, je prenais ce qui m'intéressait, c'est tout. Mais je ne voulais pas aller jusqu'au bout."

Comment se déroule l'hameçonnage ? Inscrit sous une fausse identité, nous avons posté une demande de parrainage – facile à trouver avec la barre de recherche de Vkontakte. Sitôt publié, le message fait mouche et un parrain anonyme nous sollicite par message privé :

Une demande de participation a aussitôt suscité un parrain volontaire. // © Paul Conge

Élise, une utilisatrice, tente de nous dissuader : "Tu es vraiment prêt à perdre ta vie pour un challenge qui n'en vaut pas la peine ? Alors oui, les 10 premiers jours les défis vont être très cool, mais après tu sais que tu vas devoir faire des choses très hard et même te retirer la vie..."

Les suicides sont-ils liés au Blue Whale Challenge ?

En Russie, le jeu aurait fait de nombreuses victimes. Un *journal d'investigation russe a relevé 80 suicides d'adolescents entre novembre 2015 et avril 2016*. Si la police locale n'a pas trouvé de preuve que ces suicides sont liés au challenge, les autorités françaises et le ministère de l'Éducation nationale ont pris les devants en communiquant sur les réseaux sociaux pour prévenir du danger, ayant conscience que des jeunes en détresse peuvent être attirés par ces "jeux" collectifs et dangereux.

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